voici florence colson, designer d’imprimés textiles



fr_jun5_blog_florence

Bien que la designer d’imprimés Florence Colson dise « ne pas être cycliste » et « ne pas avoir la meilleure des relations avec la technologie », on croirait tout à fait le contraire en voyant l’imprimé exceptionnel qu’elle a créé pour la capsule de cyclisme Specialized-lululemon 2014. Nous avons une petite suspicion qu’elle essaie de nous cacher quelque chose sur son talent et sa connaissance de ces deux domaines.

« Elle fera du bruit », prédit Carmen Small, leader de l’équipe Specialized-lululemon 2014 et championne nationale de l’épreuve de cyclisme professionnel contre-la-montre des États-Unis, dit-elle de la capsule. Nous ne pourrions pas être plus d’accord, surtout si nous considérons l’engouement qui entoure l’ouverture du siège social lululemon.

Nous nous sommes entretenus avec la designer, originaire de Londres, afin de connaître tous les détails sur la création de la capsule de cyclisme 2014.
 
na_jun5_blog_500_florence2 2
Florence Colson
 
Kate MacLennan: Tu vivais au Royaume-Uni et travaillais en Italie quand nous t’avons trouvée. Comment avons-nous réussi à te localiser?
Florence Colson: Je suis allée à l’université à Leeds, au collège des arts. C’est là que l’un de mes profs m’a encouragée à aller présenter mon travail à Londres. [Note de l’éditrice : Florence est l’un des 24 étudiants sur environ 1 000 a avoir été sélectionnés pour présenter leur travail. Lululemon commandite un prix Textprint et c’est dans le cadre de cette compétition que la vice-présidente directrice Deanne Schweitzer a vu l’œuvre de Florence.]

KM: Quel a été ton plus grand défi au cours de ce projet?
FC: Le fait qu’il y avait une finalité particulière à ma création. Normalement, je crée les motifs de mes collections en fonction des tendances de la saison et de ce qui me plait. L’intention vise le motif et la couleur et n’exige pas que le vêtement ait un usage défini. J’ai dû trouver une façon d’intégrer les logos Specialized et lululemon [à mon design] sans qu’ils soient trop évidents.

KM: Où es-tu allée chercher ton inspiration pour créer un motif qui mêle losanges et fleurs?
FC: Noemie McGovern [graphiste de l’équipe de conception lululemon] m’a fait suivre l’inspiration de son équipe. Celle ci vient à la base d’un vêtement qu’elle a vu – un manteau entièrement orné de bijoux. Je crois que l’équipe m’a approchée parce qu’elle a vu mon projet de fin d’études, qui utilise des motifs de style rococo et baroque. Celui-ci est très élaboré, et j’ai passé une éternité à le tracer ligne après ligne afin de peaufiner tous les détails. Je suis complètement obsédée par le style baroque.

KM: Comment ton intérêt pour le baroque est-il né?
FC: Tout a commencé dans une galerie à Saltaire, près de Leeds. On y trouve des anciens vases du mouvement Arts and Crafts et des émails de couleurs incroyables. Ils sont tous peints à la main et sont liés à l’œuvre de William Morris [designer de textile]. J’ai ensuite commencé à apprécier l’architecture et à faire le rapprochement entre les vases et les tuiles marocaines. Le tout s’est transformé en une énorme explosion de motifs. J’adore tout simplement les formes, ainsi que l’idée de savoir que quelqu’un a consacré énormément de son temps à les peindre ou à les sculpter dans le roc.

KM: Tu n’as clairement pas peur de dévouer beaucoup de temps à ton travail.
FC: L’idée de prendre son temps pour perfectionner son art me va très bien parce que j’adore dessiner et peindre à la main. Je ne veux pas faire le tout sur l’ordinateur en cinq minutes. Je veux prendre mon temps pour bien suivre la vision que j’ai établie.

KM: Tu as bel et bien fini par te servir de l’ordinateur pour créer la capsule Specialized-lululemon, pas vrai?
FC: Au début, je dessinais à la main. [Lululemon] voulait des formes baroque. Puis Noemie a fait remarquer que « quelques fleurs pourraient être beau ». En fin de compte, le motif est plutôt floral, en plus de comporter des perles et une grille. Au début, je dessinais le tout en un, mais ça ne marchait pas tout à fait alors j’ai commencé à numériser les différents éléments et à les assembler. C’est normalement comment je fais les choses; j’aborde le projet en petites parties pour pouvoir y apporter des changements. J’ai donc dessiné tous les fragments avant de les mettre sur l’ordinateur pour perfectionner et modifier le motif.

KM: Où t’installes-tu pour faire ce genre de travail?
FC: Habituellement à ma table de cuisine. Je préfèrerais avoir mon propre studio, mais je suis sur le seuil de la pauvreté après l’université et je vis parfois chez ma mère, parfois chez mon père et parfois chez mon chum. Je travaille là où on me permet de m’installer [rires].

KM: As-tu toujours imaginé que tu serais artiste?
FC: Disons que ma mère est aussi designer de textile très traditionnelle et elle peint tout à la main. Les gens sont prêts à attendre pour le résultat et à payer un peu plus cher. Ça me fait plaisir de voir que ça revient à la mode et que les gens commencent à mieux apprécier ce savoir-faire. En Italie, chaque studio compte une personne, un artiste incroyable, qui dessine tout à la main. Les grands noms comme Louis Vuitton et Chanel cherchent ce type de travail artistique. Il finira sûrement sur un écran d’ordinateur, mais ils veulent que tout commence à la main.

KM: Quel est ton élément préféré de la capsule?
FC: Je l’aime bien dans son ensemble. J’aime la grille sur les poches arrière, quelque chose que Noemie a mentionné qui pourrait être bien. Je n’y aurais peut-être pas pensé par moi même. Je crois que la capsule est assez impressionnante. Concevoir une capsule de cyclisme n’est pas quelque chose de commun. Au cours des dernières années, j’ai développé un intérêt pour le sport, alors d’avoir la chance de combiner les deux principaux objets de ma vie, c’est… [elle ne finit pas sa phrase, souriante].

KM: Es-tu cycliste?
FC: Je ne suis pas cycliste, mais j’ai tout récemment acquis un vieux vélo de course alors je veux porter la capsule et faire semblant d’être une excellente cycliste. [rires] Je peux courir dans la campagne pendant des heures, mais mes genoux commencent beaucoup trop à s’affaiblir pour mon âge. Ma mère est instructrice de yoga, mais je ne fais même pas de yoga avec elle. Je crois qu’elle a peur que je serai un enfant gâté.

KM: Comment décrirais-tu ton placard?
FC: Un vrai bordel. Il est plein à craqué. J’ai une grande collection de motifs anciens, de robes et de motifs modernes. Quand tu commences à concevoir et à explorer les motifs, tu deviens obsédé par leurs niveaux de qualité. Mon placard est très varié. Je collectionne tout et je ne me débarrasse jamais de rien.

KM: As-tu des tatouages?
FC: Pas encore, je suis trop difficile! Il y de nombreux dessins à moi que je voudrais bien me faire tatouer, mais je ne sais pas lequel je choisirais.
 
Consultez le site Web (en anglais) de Florence ou suivez-la sur Instagram pour voir d’autres de ses designs.
 

read more related posts:

No Comments »

No comments yet.

RSS feed for comments on this post.

Leave a comment